Le Nutri-Score est fiable. Vraiment?

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Le Nutri-Score, cet étiquetage nutritionnel simplifié, apposé sur de nombreux produits alimentaires, encourage les consommateurs vers des choix plus sains. S’il a séduit par sa lisibilité, il suscite aussi des interrogations sur sa fiabilité, sa pertinence et ses limites. Démêlons le vrai du faux. 

Classant les aliments selon leur qualité nutritionnelle de A (vert foncé) à E (rouge), le Nutri score a été créé en 2017 par le professeur Serge Hercberg (Université Paris 13), avec Santé publique France.

Le Nutri-Score résulte d’un  algorithme scientifique validé par plusieurs instances, dont l’OMS et l’EFSA: il indique les nutriments à limiter (sucres, graisses saturées, sel, calories), et ceux à favoriser (fibres, protéines, fruits, légumes, légumineuses, fruits à coque). L’objectif n’est pas de juger l’aliment en soi, mais de permettre une comparaison rapide entre produits similaires. 

Un objectif de santé publique

Le Nutri-Score vise à prévenir les maladies chroniques liées à une mauvaise alimentation. Le Ministère de la Santé estime à 150 000 le nombre de décès évitables chaque année en France. L’étiquetage, facultatif, est déjà présent sur plus de 90% des produits évalues par l’Oqali.

Soutenu par sept pays européens, il fait encore débat à l’échelle de l’UE, où certains lobbys freinent sont adoption.

Des critiques récurrentes sur ses limites

Les chercheurs de l’INRAE et de l’INSERM soulignent que le Nutri-Score ignore le degré de transformation des aliments et la présence d’additifs, pourtant liés à des risques pour la santé, comme l’a montré une étude de l’INSERM parue dans PLOS Medicine(2019). Ils pointent aussi des incohérences : une huile d’olive mal notée malgré ses bienfaits, tandis qu’un soda allégé peut obtenir un bon score, malgré la présence d’aspartame.

De son côté, Libération (2023) critique le calcul basé sur 100 g ou 100 ml, qui ne reflète pas les portions consommées. Le journal rappelle également que le Nutri-Score ne compare que des produits d’une même catégorie, ce qui limite son interprétation.

Malgré cela, l’outil reste cohérent dans son principe : aider à choisir entre produits comparables, sans prétendre juger de la qualité globale d’un aliment.  

Un outil perfectible mais scientifiquement solide 

Pour les chercheurs de la Sorbonne Paris Nord, le Nutri-Score reste un indicateur scientifiquement robuste car il repose sur uneméthodologie claire, des données validées scientifiquement et des effets observables sur les comportements des industriels.

D’ailleurs, en 2023, une nouvelle version de l’algorithme a été lancée pour mieux prendre en compte certaines spécificités (huile végétales, céréales complètes). 

Une boussole, pas une vérité absolue  

Le Nutri-Score est fiable dans les limites de son champ d’action: il ne remplace ni la diversité alimentaire ni une lecture plus complète des étiquettes. 

Il ne s’agit pas d’un label “santé”, mais d’un repère. Une lettre verte ne garantit pas une alimentaiton équilibrée, mais peut marquer le début de meilleurs habitudes alimentaires.

Alice Duphot  

Article réalisé dans le cadre d’un partenariat sur le Fact Checking entre Curieux et l’EFJ Bordeaux avec les étudiants de seconde année de cette école de journalisme.

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