
Depuis le 8 novembre 2023, Arnaud Lagardère est à la tête d’Hachette Livre. Fraîchement PDG du groupe d’édition, cette curieuse nomination représente pourtant un patron pas toujours compris dans sa manière de commander. Voici le portrait d’un héritier qui n’a jamais vraiment rêvé être aux commandes.
L’héritier qui voulait vivre sa vie
Au fil des ans, Arnaud Lagardère a été une figure importante dans le monde des affaires en France, et son nom est souvent associé à diverses controverses et débats liés à la gestion du groupe. Au terme d’une opération publique d’achat amplement réussi, Vivendi devient leader mondial de l’édition grâce à l’acquisition d’Hachette Livre. Mais au même moment, le conseil d’administration du premier éditeur français a nommé Arnaud Lagardère au poste de PDG. Au début de son mandat, le fils de Jean-Luc a cherché à forger son propre parcours, remportant un certain succès. Cependant, par la suite, il a connu des revers et des déconvenues, amplifiés par les défis de la crise. Actuellement, il est à la tête d’un empire générant un chiffre d’affaires de 8 milliards de chiffre d’affaires et employant 21 300 salariés.
Endetté de manière significative, Arnaud Lagardère se sent vulnérable en raison de la chute importante de la valeur boursière de son groupe. Il nie : « Ma situation personnelle ne me met pas en danger et ne met pas en danger l’entreprise. »
De manière sarcastique, il se réfugie derrière l’ombre de son père en déclarant : « Je n’ai pas l’habitude de divulguer mon patrimoine. C’est un héritage de Jean-Luc, nous ne faisons rien comme les autres. » Tout est dit, ce jour-là. Les Lagardère ne font rien comme les autres.
Bolloré et Arnault étaient de proches amis de Jean-Luc Lagardère, le considérant avec admiration, mais leur estime pour son fils a pris un tournant négatif. Ironiquement, c’est vers eux qu’Arnaud se tourne lorsque son empire vacille pendant la crise du Covid. Ayant conduit l’empire hérité de son père au bord de la catastrophe, subissant une perte d’un milliard d’euros dans le domaine sportif, il a alors cédé l’essentiel du groupe à Vivendi de Vincent Bolloré.
“Je me fous de ce qu’on pense de moi”
Arnaud Lagardère semble indifférent aux normes de son milieu et n’hésite pas à transgresser les règles de discrétion généralement observées par les grands dirigeants.
Au-delà de son parcours singulier, entrelaçant l’aviation, les médias, l’armement et le sport, cet homme aux multiples contradictions, scruté par des milliers de personnes attendant ses décisions, demeure une énigme. Il se désintéresse de l’opinion que l’on peut avoir de lui, son style de gestion étant contesté, souvent qualifié d’absent et peu impliqué. De plus, sa stratégie apparaît floue, générant d’importants points d’interrogation quant à l’avenir. La manière d’être d’Arnaud Lagardère fils demeure incomprise, et le PDG continue d’irriter le monde des affaires sans se soucier des répercussions.
Depuis la mort de son père Jean-Luc, le 14 mars 2003, ses collègues et concurrents n’ont pas cessé de murmurer dans son dos, remettant en question sa capacité à être à la hauteur. Ils persistent à le comparer à cet homme légendaire, le condamnant d’avance à devenir une pâle copie. Certains l’accusent même d’imposture, le dépeignant comme un prétendu voleur de fortune, détenteur d’un pouvoir jugé illégitime et injuste. Alors peut-être est ce par provocation, par mépris ou par esprit facétieux qu’Arnaud Lagardère adopte une attitude désinvolte face aux médias. Tantôt présent dans un documentaire à la limite de la téléréalité, tantôt photographié sur une plage paradisiaque en train de tirer la langue aux paparazzi. Ses facéties semblent être une réponse à tous ceux qui, selon lui, ne comprennent pas que le l’héritier et son comportement détaché. Cette attitude s’adresse au marché, aux médias, aux banquiers, aux moqueurs, et même aux actionnaires, ainsi qu’à tous ceux qui lui attribuent un prétendu syndrome de Peter Pan.

